03/03/2010

Lettre à un éditeur

magritte-rene-la-victoire

 

                                                                                   

                                                                                                                             

 

Objet : Envoi d’un manuscrit

 

 

Madame monsieur,

 

 

 

 

Je pense à celui ou celle qui doit lire ces lignes. Il a une page, ni plus ni moins, pour se faire une opinion de la qualité, du talent, du style d’un auteur et d’un ouvrage qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. Tous les envois doivent commencer par ceci : « Je m’appelle monsieur X. J’ai fini un livre. Publiez-le. J’ai beaucoup d’ambition. » Et au final, la seule chose variable est ce qui se cache derrière le X. Hélas, je dois vous annoncer que je ne saurais ajouter du piment dans votre quotidien. Je me nomme Quentin Evrard. Résidence : Belgique. A vingt ans, j’ai la même passion dévorante que des centaines d’autres personnes : J’ai la plume qui me démange alors je gratte un petit peu.

 

Tout écrivain qui se respecte doit posséder au moins trois choses. Il lui faut un style, une bonne bibliothèque et, sinon de l’ambition, suffisamment de motivation pour rester seul de longues heures devant son texte. Mon style, je ne peux vous en donner ici plus qu’une mise en bouche. Si les saveurs que je dévoile vous séduisent, il vous reste un roman à déguster. De même, en ce qui concerne ma bibliothèque, ma source d’inspiration, est-ce assez de dire que je m’endors sur les mots de Rabelais,  me réveille avec Dante, mange à chaque repas, un soupçon de Machiavel, une bouchée de Marlowe et une pincée de Shakespeare ? Il parait que ma ligne d’écriture s’inspire de Jane Austen. En vérité, j’admire secrètement un Cormac McCarthy et rêve naïvement d’égaler un jour une Marguerite Duras.

Jusqu’où ai-je envie d’aller ? J’ai toujours eu envie de prendre la plume. Si je ne me suis vraiment lancé qu’il y a six mois, à l’heure où je vous écris, j’ai déjà terminé deux autres romans. L’un est la suite de celui que je vous ai fait parvenir, l’autre est une histoire inspirée par les dérives du pouvoir sur la toile de fond du mythe de la Tour de Babel.

A mon propos, je n’ai rien de plus à dire sinon que j’ai les quarante ou les cinquante prochaines années de ma vie d’auteur à mettre au profit d’un éditeur.

 

Qu’ai-je écrit ?  Le présent ouvrage n’a rien d’un roman fantastique. Pourquoi s’encombrer d’une pléthore de monstres, de sortilèges ou de dragons quand la vie réelle reste une aventure de tous les jours ? Le monde dans lequel nous vivons offre quotidiennement sa part de surprises, de souffrances et de joies.

 

 

Ainsi lorsqu’un jeune médecin tout juste diplômé en psychiatrie doit se faire une place dans le monde. Il est loin de se douter à quel point chercher un travail et trouver un appartement vont bouleverser son quotidien. Ses résultats universitaires lui ont permis d’espérer une place dans la clinique la plus réputée du monde. Mais est-ce bien une bonne chose ? L’homme qui la dirige est le plus grand des experts en psychiatrie. Sa connaissance des mécanismes de l’esprit est incomparable. Malheureusement, plutôt qu’enseigner ses connaissances, cet individu préfère s’en servir pour faire peur aux nouvelles recrues et manipuler son entourage. Quentin, notre héros, saura-t-il faire face à cette épreuve ? Et pourra-t-il dans la foulée percer les secrets de son premier patient ? Ce monsieur Drarve chez qui il a été envoyé est un vrai bougre, un malappris, un sale caractère, un vrai emmerdeur. Que se cache-t-il cependant sous cette carapace solide ? Quel souvenir douloureux habite le vieil homme ?

Roman psychologique, La Vérité profite de son décor pour bâtir une réflexion sur les notions de folie et de normalité. Mais à travers son personnage central, c’est aussi toute l’épopée d’une jeunesse qui met le pied à l’étrier et tente de se faire une place dans le monde. Enfin, comme l’indique le titre, cet ouvrage puise dans le thème délicat de la recherche de la vérité et des conséquences de cette recherche.

Faites bon accueil à ce manuscrit car tout ce que je souhaite, est qu’il paraisse bien plus qu’il ne paresse dans une bonne maison d’édition.

 

Cordialement

 

Quentin- Ecrivain89

 

 

 

 

PS : J’ai eu beaucoup de difficultés à écrire cette lettre de présentation. Comment se vendre sans paraître trop orgueilleux ? Comment rester sensible sans en devenir pathétique ? Entre ces deux extrêmes, la marge est étroite pour glisser ses vœux. Le mien est d’être publié. Néanmoins, ce désir ardent n’est pas celui de voir la consécration d’un travail. Il s’agit plutôt de cultiver le vice d’écrire des heures et des heures durant comme de trouver quelqu’un qui m’y encourage. Ainsi, me sera-t-il peut-être permis de passer ma vie comme ces fumeurs d’opium. Mes volutes de fumées seront lettres aériennes et vaporeuses qui se mélangent et s’entrechoquent pour former au hasard la jouissance d’un mot ou l’extase d’une phrase. Une vie dans le monde et hors du monde…

Tel est mon rêve, qui m’enflamme et cherche matière pour se réaliser.

04/02/2010

La ballade des dames du temps jadis

heloise

 

De la moitié du XVè siècle à nos jours, retrouvez ce texte mythique du poète François de Montcorbier, dit Villon. Des rimes et des mots qui résonnent encore dans la bouche de George Brassens qui en fit une merveilleuse mélodie.

                 

 

Texte original de Villon

Modernisation

Dictes moy où, n'en quel pays,

Est Flora, la belle Rommaine,

Archipiada, ne Thaïs,

Qui fut sa cousine germaine;

Echo, parlant quand bruyt on maine

Dessus rivière ou sus estan,

Qui beaulté ot trop plus qu'humaine?

Mais ou sont les neiges d'antan?

Où est la très sage Helloïs,

Pour qui fut chastré, puis moyne

Pierre Esbaillart a Saint Denis?

Pour son amour ot cest essoyne.

Semblablement ou est la royne

Qui commanda que Buridan

Fust gecte en ung sac en Saine?

Mais ou sont les neiges d'antan?

La royne blanche comme lis,

Qui chantoit a voix de seraine;

Berte au grant pié, Bietris, Alis;

Haremburgis qui tint le Maine,

Et Jehanne, la bonne Lorraine,

Qu'Englois brulerent a Rouan;

Ou sont ilz, ou, Vierge souvraine?

Mais ou sont les neiges d'antan?

Dites-moi où, en quel pays,

Est Flora, la belle Romaine,

Alcibiade et Thaïs,

Qui fut sa cousine germaine;

Écho, qui parle quand on fait bruit

Sur la rivière ou sur l'étang,

Et qui eut beauté surhumaine.

Mais où sont les neiges d’antan ?

Où est la très sage Héloïse,

Pour qui fut châtré puis moine

Pierre Abélard à Saint Dénis?

Pour son amour il subit cette peine.

Semblablement où est la reine

Qui ordonna qui Buridan

Fût jeté en sac dans la Seine?
Mais où sont les neiges d’antan?

La reine Blanche comme lis,

Qui chantait à voix de sirène;

Berthe au grand pied, Béatrix, Aélis,

Eremberg, qui possédait le Maine,

Et Jeanne la bonne Lorraine,

Qu'Anglais Brûlèrent à Rouen,

Où sont-elles, où, Vierge souveraine?

Mais où sont les neiges d’antan?

 

03/02/2010

Le Procès, Franz Kafka

Le procès

 

 

 

Le Procès, Franz Kafka

 

Savez-vous quel est le livre le plus étrange qu’il m’aura été donné de lire ? Il s’agit du Procès de Franz Kafka. L’histoire apparemment simple d’un homme qui se réveille un jour avec deux hommes dans son appartement. Ces deux individus sont venus lui signifier qu’il était accusé et qu’il devrait bientôt en répondre lors d’un procès. Cet homme se nomme Joseph K. et selon lui, il est une erreur judiciaire, un accusé à tord.

Cette base est simple ou classique. J’emploie ces deux termes avec énormément de méfiance. Derrière ces mots, je n’essaie pas de dire que tout auteur qui parle de justice ou d’accusé à tord manque d’originalité ou se lance dans un lieu commun. Ce que j’entends par ici, c’est que ce n’est pas de ce fond que jaillit la magie de lire Kafka. La vraie source du bonheur chez cet auteur, c’est le cas dans la Métamorphose, ça l’est aussi dans le Procès, c’est cette impression que l’ouvrage a été écrit par un fou, que c’est un délire d’ivrogne ou l’illumination d’un fumeur d’opium. La notion de décalage, voici la marque de Kafka. Il écrit ces histoires dans un monde réel avec cependant un petit rien qui les rendent hallucinatoires. Depuis leur parution, elles ont faits les beaux jours des glosateurs. Ceux-ci se mettent en quête de métaphores, d’allégories, de toutes sortes de formes de style ou d’interprétations douteuses. Tous oublient que la meilleure manière de savourer Le Procès, c’est comme de se plonger dans un bain chaud. Il faut fermer les yeux, oublier le monde et se laisser entraîner par les sensations. Ainsi, si les aventures de Joseph K. vous désarçonnent, ne vous inquiétez pas et laissez-vous emporter.

 

 

27/01/2010

Larousse des Rois de France

Larousse Rois de France

Larousse des Rois de France

 

Férus d’histoire ? Larousse publie une Histoire des Rois de France. Un ouvrage qui à le don, tout en explorant la vie des grands monarques, de traverser le paysage historique du royaume très chrétien de Mérovée à Napoléon III. Découvrez comment a pu se construire la royauté ainsi que la manière dont, au fil des conquêtes ou grâce à une diplomatie bien menée, la France a gagné ses peu à peu ses frontières actuelles. Les crises, les conflits, les guerres, les alliances, les mariages, la religion, c’est ici que vous puiserez de quoi briller lors des soirées.

Ni trop savant, ni trop vulgaire, cet ouvrage s’adresse au commun des mortels. Riche en illustrations et bénéficiant de la finition soignée de Larousse, il représente un cadeau parfait à offrir ou à s’offrir.

Enfin, il est possible de le lire en parallèle avec une Histoire des Reines de France chez le même éditeur.

18/01/2010

Miguel de Cervantès, Don Quichotte

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Considéré souvent comme le premier roman européen, venez découvrir Don Quichotte de Miguel Cervantès.

 

DU BEAU SUCCÈS QUE LE VALEUREUX DON QUICHOTTE EUT EN L'ÉPOUVANTABLE ET JAMAIS IMAGINÉE AVENTURE DES MOULINS À VENT, AVEC D'AUTRES ÉVÉNEMENTS DIGNES D'HEUREUSE RESSOUVENANCE

     Là-dessus ils découvrirent trente ou quarante moulins à vent qu'il y a en cette plaine, et, dès que don Quichotte les vit, il dit à son écuyer: "La fortune conduit nos affaires mieux que nous n'eussions su désirer, car voilà, ami Sancho Pança, où se découvrent trente ou quelque peu plus de démesurés géants, avec lesquels je pense avoir combat et leur ôter la vie à tous, et de leurs dépouilles nous commencerons à nous enrichir : car c'est ici une bonne guerre, et c'est faire grand service à Dieu d'ôter une si mauvaise semence de dessus la face de la terre. —Quels géants ? dit Sancho. — Ceux que tu vois là, répondit son maître, aux longs bras, et d'aucuns les ont quelquefois de deux lieues. —Regardez, monsieur, répondit Sancho, que ceux qui paraissent là ne sont pas des géants, mais des moulins à vent et ce qui semble des bras sont les ailes, lesquelles, tournées par le vent, font mouvoir la pierre du moulin. —II paraît bien, répondit don Quichotte, que tu n'es pas fort versé en ce qui est des aventures : ce sont des géants, et, si tu as peur, ôte-toi de là et te mets en oraison, tandis que je vais entrer avec eux en une furieuse et inégale bataille. " Et, disant cela, il donna des éperons à son cheval Rossinante, sans s'amuser aux cris que son écuyer Sancho faisait, l'avertissant que sans aucun doute c'étaient des moulins à vent, et non pas des géants, qu'il allait attaquer. Mais il était tellement aheurté à cela que c'etaient des géants qu'il n'entendait pas les cris de son écuyer Sancho, ni ne s'apercevait pas de ce que c'était, encore qu'il en fut bien près, au contraire, il disait à haute voix : "Ne fuyez pas couardes et viles créatures, car c'est un seul chevalier qui vous attaque." Sur cela il se leva un peu de vent et les grandes ailes de ces moulins commencèrent à se mouvoir, ce que voyant don Quichotte, il dit: " Vous pourriez mouvoir pllus de bras que ceux du géant Briarée: vous allez me le payer " Et, disant cela, il se recommanda de tout son coeur a sa dame Dulcinée, lui demandant qu'elle le secourut en ce danger, puis, bien couvert de sa rondache, et la lance en l'arrêt, il accourut, au grand galop de Rossinante, donner dans le premier moulin qui était devant lui, et lui porta un coup de lance en l'aile : le vent la fit tourner avec une telle violence qu'elle mit la lance en pièces, emmenant apres soi le cheval et le chevalier, qui s'en furent rouler un bon espace parmi la plaine.

 

18/05/2009

Des souris et des hommes

Of Mice and men

 

« Et nous pourrions avoir quelques cochons. J'pourrais construire un fumoir comme celui qu'avait grand-père, et, quand on tuerait le cochon, on pourrait fumer le lard et le jambon, et faire du boudin et un tas d'autres choses. Et quand le saumon remonterait la rivière, on pourrait en attraper un cent et les saler et les fumer. On pourrait en manger au premier déjeuner. Y a rien de meilleur que le saumon fumé. À la saison des fruits, on pourrait faire des conserves... les tomates, c'est facile à mettre en conserves. Tous les dimanches, on tuerait un poulet ou un lapin. Peut-être bien qu'on aurait une vache ou une chèvre, et de la crème si épaisse qu'il faudrait la couper au couteau et la prendre avec une cuillère. »

« Oui, on aurait une petite maison et une chambre pour nous autres. Un petit poêle en fonte tout rond, et, l'hiver, on y entretiendrait le feu. Y aurait pas assez de terre pour qu'on soit obligé de travailler trop fort. Six ou sept heures par jour, peut-être bien. On aurait pas à charger de l'orge onze heures par jour. Et, quand on planterait une récolte, on serait là pour la récolter. On verrait les résultats de nos plantations.
- Et les lapins, dit Lennie ardemment. Et c'est moi qui les soignerais. Dis-moi comment que je ferais, George ?
- Bien sûr, t'irais dans le champ de luzerne avec un sac. Tu remplirais le sac et tu l'apporterais dans les cages aux lapins.
- Et ils brouteraient, ils brouteraient, dit Lennie, comme ils font, tu sais. J'les ai vus. »

 

Des souris et des hommes, avec Les raisins des la colère, les oeuvres les plus connues de l'écrivains américain John Steinbeck, prix Nobel de littérature, histoire simple, tendre et humaine à découvrir absolument. Venez lire la présentation en cliquant ici.

12/05/2009

Chateaubriand, Atala, René, Le dernier des Abencerage

atala

 

 

  Lorsque Boabdil, dernier roi de Grenade, fut obligé d'abandonner le royaume de ses pères, il s'arrêta au sommet du mont Padul. De ce lieu élevé on découvrait la mer où l'infortuné monarque allait s'embarquer pour l'Afrique ; on apercevait aussi Grenade, la Véga et le Xénil, au bord duquel s'élevaient les tentes de Ferdinand et d'Isabelle. A la vue de ce beau pays et des cyprès qui marquaient encore çà et là les tombeaux des musulmans, Boabdil se prit à verser des larmes. La sultane Aïxa, sa mère, qui l'accompagnait dans son exil avec les grands qui composaient jadis sa cour, lui dit :  " Pleure maintenant comme une femme un royaume que tu n'as pas su défendre comme un homme. " Ils descendirent de la montagne, et Grenade disparut à leurs yeux pour toujours.
Les Maures d'Espagne, qui partagèrent le sort de leur roi, se dispersèrent en Afrique. Les tribus des Zégris et des Gomèles s'établirent dans le royaume de Fez, dont elles tiraient leur origine. Les Vanégas et les Alabès s'arrêtèrent sur la côte, depuis Oran jusqu'à Alger ; enfin les Abencérages se fixèrent dans les environs de Tunis. Ils formèrent, à la vue des ruines de Carthage, une colonie que l'on distingue encore aujourd'hui des Maures d'Afrique, par l'élégance de ses mœurs et la douceur de ses lois.
Ces familles portèrent dans leur patrie nouvelle le souvenir de leur ancienne patrie. Le Paradis de Grenade vivait toujours dans leur mémoire, les mères en redisaient le nom aux enfants qui suçaient encore la mamelle. Elles les berçaient avec les romances des Zégris et des Abencérages. Tous les cinq jours on priait dans la mosquée, en se tournant vers Grenade. On invoquait Allah, afin qu'il rendît à ses élus cette terre de délices. En vain le pays des Lotophages offrait aux exilés ses fruits, ses eaux, sa verdure, son brillant soleil ; loin des Tours vermeilles, il n'y avait ni fruits agréables, ni fontaines limpides, ni fraîche verdure, ni soleil digne d'être regardé. Si l'on montrait à quelque banni les plaines de la Bagrada, il secouait la tête et s'écriait en soupirant :  " Grenade ! "
Les Abencérages surtout conservaient le plus tendre et le plus fidèle souvenir de la patrie. Ils avaient quitté avec un mortel regret le théâtre de leur gloire, et les bords qu'ils firent si souvent retentir de ce cri d'armes :  " Honneur et Amour. " Ne pouvant plus lever la lance dans les déserts, ni se couvrir du casque dans une colonie de laboureurs, ils s'étaient consacrés à l'étude des simples, profession estimée chez les Arabes à l'égal du métier des armes. Ainsi cette race de guerriers qui jadis faisait des blessures s'occupait maintenant de l'art de les guérir. En cela elle avait retenu quelque chose de son premier génie, car les chevaliers pansaient souvent eux-mêmes les plaies de l'ennemi qu'ils avaient abattu.
La cabane de cette famille, qui jadis eut des palais, n'était point placée dans le hameau des autres exilés, au pied de la montagne du Mamélife ; elle était bâtie parmi les débris mêmes de Carthage, au bord de la mer, dans l'endroit où saint Louis mourut sur la cendre, et où l'on voit aujourd'hui un ermitage mahométan. Aux murailles de la cabane étaient attachés des boucliers de peau de lion, qui portaient empreintes sur un champ d'azur deux figures de sauvages, brisant une ville avec une massue. Autour de cette devise on lisait ces mots :  " C'est peu de chose ", armes et devise des Abencérages. Des lances ornées de pennons blancs et bleus, des alburnos, des casaques de satin tailladé étaient rangés auprès des boucliers, et brillaient au milieu des cimeterres et des poignards. On voyait encore suspendus çà et là des gantelets, des mors enrichis de pierreries, de larges étriers d'argent, de longues épées dont le fourreau avait été brodé par les mains des princesses, et des éperons d'or que les Yseult, les Guenièvre, les Oriane, chaussèrent jadis à de vaillants chevaliers.

 

Envie de découvrir les oeuvres d'un des pères du romantisme français, monsieur le vicomte de Chateaubriand? Cliquez ici et suivez le guide.

 

Bonne lecture

Quentin

11/05/2009

L'amant

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"Un jour,j'étais âgée déjà, dans le hall d'un lieu public, un homme est venu vers moi. Il s'est fait connaître et il m'a dit : 'Je vous connais depuis toujours. Tout le monde dit que vous étiez belle lorsque vous étiez jeune, je suis venu vous dire que pour moi je vous trouve plus belle maintenant que lorsque vous étiez jeune,j'aime moins votre visage de jeune femme que celui que vous avez maintenant, dévasté. Je crois que c'est le plus beau compliment qu'on puisse faire à une femme. Mon visage dévasté remonte pourtant à il y a longtemps, en Indochine."

Extrait de Marguerite Duras, L'Amant.

Pour en savoir plus sur cette grande dame de la littérature française, ce petit livre prix Goncourt 1984, ce petit vase d'où s'évadent des millions d'émotions, cliquez ici, vous accéderez à la présentation de l'ouvrage.

05/05/2009

Attention: élections

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De la légitimité des brigands.

 

« Sans la justice, en effet, les royaumes sont-ils autre chose que de grandes troupes de brigands ? Et qu’est-ce qu’une troupe de brigands, sinon un petit royaume ? Car c’est une réunion d’hommes où un chef commande, où un pacte social est reconnu, où certaines conventions règlent le partage du butin. Si cette troupe funeste, en se recrutant de malfaiteurs, grossit au point d’occuper des villes, de subjuguer des peuples, alors elle s’arroge ouvertement le titre de royaume, titre qui lui assure non pas le renoncement à la cupidité, mais la conquête de l’impunité. C’est une spirituelle et juste réponse que fit à Alexandre le Grand ce pirate tombé en son pouvoir.

-A quoi penses-tu, lui dit le roi, d’infester la mer ?

-A quoi penses-tu d’infester la terre, répond le pirate avec une audacieuse liberté. Mais parce que je n’ai qu’un frêle navire, on m’appelle corsaire, et parce que tu as une grande flotte, on te nomme conquérant. »

 

Saint Augustin, La cité de Dieu, Livre IV, 4

 

Parce qu’il vole une voiture dans un parking la nuit, on le dit voyou, gangster et voleur,

Parce qu’ils détournent, manœuvrent, magouillent, turbinent des millions d’euros, de dollars, de crédules derrière ces mots "Démocratie" et " Politique", ils vous feraient mettre à genou.

28/04/2009

Zazie dans le métro

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Dans un coin de la pièce, Marceline avait installé une sorte de cabinet de toilette. Une table, une cuvette, un broc, tout comme si ç'avait été une cambrousse reculée. Comme ça Zazie serait pas dépaysée. Mais Zazie était dépassée. Elle pratiquait le bidet fixe vissé dans le plancher et connaissait, pour en avoir usé, mainte autre merveille de l'art sanitaire. Ecœurée par ce primitivisme, elle s'humecta, se tamponna un peu d'eau ici et là plus un coup de peigne un seul dans les cheveux.

Elle regarda dans la cour : il ne s'y passait rien. Dans l'appartement de même, il y avait l'air de ne rien se passer. L'oreille plantée dans la porte, Zazie ne distinguait aucun bruit. Elle sortit silencieusement de sa chambre. Le salonsalamanger était oscur et muet. En marchant un pied juste devant l'autre comme quand on tire à celui qui commencera, en palpant le mur et les objets, c'est encore plus amusant en fermant les yeux, elle parvint à l'autre porte qu'elle ouvrit avec des précautions considérables. Cette autre pièce était également oscure et muette, quelqu'un y dormait paisiblement. Zazie referma, se mit en marche arrière, ce qui est toujours amusant, et au bout d'un temps extrêmement long, elle atteignit une troisième et autre porte qu'elle ouvrit avec de non moins grandes précautions que précédemment. Elle se trouva dans l'entrée qu'éclairait péniblement une fenêtre ornée de vitraux rouges et bleus. Encore une porte à ouvrir et Zazie découvre le but de son escursïon : les vécés.

Comme ils étaient à l'anglaise, Zazie reprend pied dans la civilisation pour y passer un bon quart d'heure. Elle trouve l'endroit non seulement utile mais gai. Il est tout propre, ripoliné. Le papier de soie se froisse joyeusement entre les doigts. A ce moment de la journée, il y a même un rayon de soleil : une buée lumineuse descend du vasistas. Zazie réfléchit longuement, elle se demande si elle va tirer la chasse d'eau ou non. Ça va sûrement jeter le désarroi. Elle hésite, se décide, tire, la cataracte coule, Zazie attend mais rien ne semble avoir bougé c'est la maison de la belle au bois dormant. Zazie se rassoit pour se raconter le conte en question en y intercalant des gros plans d'acteurs célèbres. Elle s'égare un peu dans la légende, mais, finalement, récupérant son esprit critique, elle finit par se déclarer que c'est drôlement con les contes de fées et décide de sortir.

De nouveau dans l'entrée, elle repère une autre porte qui vraisemblablement doit donner sur le palier. Zazie tourne la clef laissée par illusoire précaution dans l'entrée de la serrure, c'est bien ça, voilà Zazie sur le palier. Elle referme la porte derrière elle tout doucement, puis tout doucement elle descend. Au premier, elle fait une pause : rien ne bouge. La voilà au rez-de chaussée ; et voici le couloir, la porte de la rue est ouverte, un rectangle de lumière, voilà, Zazie y est, elle est dehors.

C'est une rue tranquille. Les autos y passent si rarement que l'on pourrait jouer à la marelle sur la chaussée. Il y a quelques magasins d'usage courant et de mine provinciale. Des personnes vont et viennent d'un pas raisonnable. Quand elles traversent, elles regardent d'abord à gauche ensuite à droite joignant le civisme à l'excès de prudence. Zazie n'est pas tout à fait déçue, elle sait qu'elle est bien à Paris, que Paris est un grand village et que tout Paris ne ressemble pas à cette rue. Seulement pour s'en rendre compte et en étre tout à fait sûre, il faut aller plus loin. Ce qu'elle commence à faire, d'un air dégagé.

Mais Turandot sort brusquement de son bistrot et, du bas des marches, il lui crie :

"Eh petite, où vas-tu comme ça ?"

Zazie ne lui répond pas, elle se contente d'allonger le pas. Turandot gravit les marches de son escalier :

"Eh petite", qu'il insiste et qu'il continue à crier.

Zazie du coup adopte le pas de gymnastique. Elle prend un virage à la corde. L'autre rue est nettement plus animée. Zazie maintenant court bon train. Personne n'a le temps ni le souci de la regarder. Mais Turandot galope lui aussi. Il fonce même. Il la rattrape, la prend par le bras et, sans mot dire, d'une poigne solide, lui fait faire demi-tour. Zazie n'hésite pas. Elle se met à hurler :

"Au secours ! Au secours !"

Ce cri ne manque pas d'attirer l'attention des ménagères et des citoyens présents. Ils abandonnent leurs occupations ou inoccupations personnelles pour s'intéresser à l'incident.

Après ce premier résultat assez satisfaisant, Zazie en remet :

"Je veux pas aller avec le meussieu, je le connais pas le meussieu, je veux pas aller avec le meussieu."

Exétéra .

 

 

                                                           Raymond Queneau, Zazie dans le métro.

Pour découvrir ou redécouvrir l'oeuvre de Raymond Queneau, cliquez ici.

 

23/04/2009

Voyage au bout de la nuit

voyage


 

- Oh! Vous êtes donc tout-à-fait lâche, Ferdinand! Vous êtes répugnant comme un rat...

- Oui, tout-à-fait lâche, Lola,  je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans... Je ne la déplore pas moi... Je ne pleurniche pas dessus moi... Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux: je ne veux plus mourir.

                                                                       Céline, Voyage au bout de la nuit.

Anti-guerre, anticapitaliste, anti-colonisation, anti-esclavage, presque anarchique, Céline dénonce, brise, éclate et pense à l’envers cette machine à prendre, utiliser, jeter, remplacer les êtres humains qu’est la société.

Son style, ses mots, ses paroles choquent, c’est le Céline humain, celui qu’il faut retenir avant qu’il n’écrive Bagatelles pour un massacre notoirement antisémites.

 A découvrir et redécouvrir en cliquant ici.

02/04/2009

Si j'ose écrire.com

Si j'ose écrire

 

Cadeau pour l’anniversaire de son auteur,

Cadeau pour autant de visites,

Cadeau pour vous lecteurs fidèles,

Le site devient également accessible sous l’adresse si-jose-ecrire.com. Rien ne change, rien ne déménage, on se fait seulement plaisir en simplifiant les recherches.

Bien à vous.

10:00 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cadeau, si jose ecrire |  Facebook |

30/03/2009

Un vent de Folie

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Je viens de refermer la page « Actualité » d’internet. On parlait d’une étude qui venait d’être menée dans les établissements scolaires du pays. Selon les résultats, il y aurait en moyenne 20 psychopathes par établissement scolaire. Ca fait peur, c’est sûr.

C’est effrayant de penser qu’un institut universitaire n’attende même plus avant qu’on soit adulte pour trier la population, pour séparer les bons des mauvais. C’est épouvantable de se dire qu’il existe même des statistiques pour ces tris. A quand les appellera-t-on des quotas ?

Je sais ce que la plupart des gens vont ressentir en lisant cet article. Si ce sont des parents ou des grands-parents, ils auront des frissons dans le dos en se demandant si le meilleur ami de leur enfant est normal, si leur petit protégé ne court pas de risque.

Ca peut se comprendre. Ils veulent protéger ce qu’ils ont de plus cher.

Je n’ai pas d’enfant. Pas encore. Je suis seulement le parrain d’un petit bout de 2 ans. Je ne me fais pas de soucis pour lui. Il rencontrera peut-être 20 psychopathes dans son école, peut-être des centaines dans toute sa vie. Quel risque est-ce qu’il peut bien courir quand la vie est déjà aussi chienne entre gens « normaux » ?

On reste toujours un produit manufacturé. L’être humain est vivant mais il sort d’une chaine de montage aussi bien qu’une voiture Ford ou qu’un jouet. Une chaine de construction pour réaliser la machine, assembler les pièces, puis lui faire retenir son programme.

On grandit, on apprend, on est même régulièrement testé. Bien sûr, il n’est pas écrit Made in Taïwan sur ma fesse gauche. On est marqué mais bien plus profondément. Dans la chair, au cœur de ce bourdonnement qui résonne à l’intérieur de mon crane, j’entends toujours cette sonnette d’alarme, ce Big Brother is Watching you : LE BRUIT DE LA SOCIETE.

Alors, ce qui peut encore me faire peur quand je lis qu’une vingtaine de psychopathes se cachent dans les écoles, soit environ deux pour cent de la population, ce qui me terrorise, c’est de savoir dans quel groupe je figure.

On dit qu’ils sont manipulateurs, qu’ils ne connaissent pas l’amour, la peur ou d’autres émotions. Ils sont capables de mentir comme personne et n’ont aucun problème de conscience. On dit aussi qu’il est impossible de prévoir ce qu’ils deviendront à l’âge adulte.

Ca fait deux ans que je suis à l’université…

 

C’est bien la pire folie que de vouloir être sage dans un monde de fous, disait Erasme.

 

 

17/03/2009

Bruges-la-Morte

BrugesMorte

Un écrivain belge à l’honneur cette semaine, l’un des plus grands auteurs-poètes d’Europe, George Rodenbach avec son roman Bruges-la-Morte, parangon sublime du symbolisme.

Bonne lecture.

Pour lire la présentation de l'ouvrage, cliquez ici.

 

Le jour déclinait, assombrissant

les corridors de la grande demeure

silencieuse, mettant des écrans de crêpe

aux vitres.

Hugues Viane se disposa à sortir,

comme il en avait l’habitude quotidienne

à la fin des après-midi. Inoccupé, solitaire,

il passait toute la journée dans sa chambre,

une vaste pièce au premier étage,

dont les fenêtres donnaient sur le quai du Rosaire,

au long duquel s’alignait sa maison, mirée

dans l’eau.

Il lisait un peu : des revues, de vieux livres;

fumait beaucoup; rêvassait à la

croisée ouverte par les temps gris, perdu

dans ses souvenirs.

Voilà cinq ans qu’il vivait ainsi, depuis

qu’il était venu se fixer à Bruges, au

lendemain de la mort de sa femme. Cinq

ans déjà ! Et il se répétait à lui-même :

« Veuf! Être veuf! Je suis le veuf! » Mot

irrémédiable et bref! d’une seule syllabe,

sans écho. Mot impair et qui désigne bien

l’être dépareillé.

Pour lui, la séparation avait été terrible :

il avait connu l’amour dans le luxe, les loisirs,

le voyage, les pays neufs renouvelant

l’idylle. Non seulement le délice paisible

d’une vie conjugale exemplaire, mais la   

passion intacte, la fièvre continuée,

le baiser à peine assagi, l’accord des âmes,

distantes et jointes pourtant, comme les

quais parallèles d’un canal qui mêle leurs

deux reflets.

Dix années de ce bonheur, à peine

senties, tant elles avaient passé vite!

Puis, la jeune femme était morte,

au seuil de la trentaine, seulement alitée

quelques semaines, vite étendue sur ce lit

du dernier jour, où il la revoyait à jamais :

fanée et blanche comme la cire l’éclairant,

celle qu’il avait adorée si belle avec son

teint de fleur, ses yeux de prunelle dilatée

et noire dans de la nacre, dont l’obscurité

contrastait avec ses cheveux, d’un jaune

d’ambre, des cheveux qui, déployés, lui

couvraient tout le dos, longs et ondulés.

Les Vierges des Primitifs ont des toisons

pareilles, qui descendent en frissons

calmes.

George Rodenbach, Bruges-la-Morte, Chap I, les premières lignes.

27/02/2009

Romans de la Table Ronde

Chrétien de Troyes Yvain

 

 

 

Un ange descendit du ciel avec une épée flamboyante d’une toise de long, et Mordrain s’arrêta tout coi sous la parole qu’il entendit : « Mordrain ! Tes péchés  sont si lourds que tu n’en seras délivré aucun jour de ta vie. Tes plaies ne se guériront pas ; elles dureront, toujours ouvertes et tu resteras sans mourir jusqu’au jour où viendra le Chevalier aimé de Jésus Christ confessé de tous ses péchés, qui te soulagera de tes fautes, et tu mourras entre ses bras. D’ici à ce jour-là, tu resteras couché entre deux draps, et tu ne goûteras nulle viande que tu ne désireras même pas, mais seulement le Pain de Vie »

Le roi Mordrain est resté dans son lit, sans en sortir ni jour ni nuit, il y aura trois cents ans cet été.

Quelques uns disent que ce chevalier-là, dont je vous parle, est déjà sur la terre, et que même il a commencé la Quête du Graal et de la Sainte Lance. Le roi Mordrain sera guéri de tous ses maux quand Dieu les réunira tous les deux.

 

Qui est ce chevalier mystérieux ? Voulez vous connaître son histoire et celle de ses courageux compagnons ? Car il vient de la Cour du puissant roi Arthur, le lieu où vivent les plus braves, les plus nobles et les meilleurs chevaliers. Yvain, Erec, Perceval, Lancelot, Gauvain, Keu. Ces noms sont gravés à tout jamais dans nos mémoires et dans nos cœurs.

Aujourd’hui, je vous propose de me suivre pour un bon dans le passé. Je vous guide jusqu’au XIIe siècle, chez maitre Chrétien de Troyes, le premier et l’un des plus grands écrivains français. Il vous conduira alors dans les pays de Bretagne, la contrée du roi Arthur, dans la forêt de Brocéliande et jusqu’à Carlion. Avec un peu de chance, vous rencontrerez en route le château de Corbière, la demeure du roi pêcheur. A table préparez-vous à voir passer la Lance qui Saigne et La Coupe. Soyez courageux, car vous devrez peut-être aller secourir la reine Genièvre en terre étrangère où combattre au côté de Gauvain, le plus grand de tous les chevaliers.

Bonne chance cœur vaillant et bonne lecture.

 

Pour la présentation approfondie de l’ouvrage, cliquez ici

20/02/2009

Macbeth

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Deux chevaliers reviennent de la guerre couverts de sang et victorieux. Ils chevauchent ensemble sans savoir que dans quelques secondes l’Enfer va leur tomber dessus et les séparer. Dans quelques instants, ils vont rencontrer trois sorcières qui vont leur annoncer que l’un deviendra roi, tandis que l’autre engendrera une lignée de souverains.

Leur amitié, leur lien, s’arrête là, leur enfer, leur torture commence.

Le premier se nomme Macbeth, pour réaliser la prophétie qui l’intéresse il doit supprimer son cousin, son souverain, le roi Duncan d’Ecosse. Le second se nomme Banquo et si Macbeth monte sur le trône, il ne tient surtout pas à ce qu’un seul souffle de vie anime cet homme et sa famille. La mort rode. Les corbeaux, les cris perçants des chouettes, les chauves souris, les vents de l’enfer l’annoncent. La guerre est finie mais pas les ténèbres. Le bain de sang continue plus cruel, terrifiant et maléfique que jamais. Préparez-vous à affronter le Mal Absolu dans la pièce la plus noire de maitre Shakespeare.

Pour la présentation détaillée de l'ouvrage, cliquez ici

11/02/2009

Hugh Laurie, Tout est sous contrôle

Tout est sous contrôle

Prenez ce livre dans un magasin et lisez la quatrième de couverture. On a rarement vu une telle campagne de pub. Les superlatifs s’enchainent avec les références, on se demande bien pourquoi, à une série TV qui n’a rien à voir avec l’ouvrage.

Goncourt, Nobel et Pulitzer n’ont jamais eu droit à un tapis aussi rouge pour faire grimper leurs ventes.  Personnellement, ça m’a presque donné la nausée et n’eusse été ma bonne étoile qui planait non loin ce jour là je n’aurais jamais, jamais acheté cette chose.

Pourtant, je l’ai fait. Et il faut vous confesser que c’était seulement pour en faire une critique salée sur Si j’ose écrire lorsque je l’aurais lu.

J’aurais mieux fait de le laisser dans son rayon ce livre. Aujourd’hui, je suis obligé de m’excuser pour mes mauvaises intentions. Pire encore, je me sens obliger de superlativer tous les adjectifs que je place autour du titre de ce thriller.

Tout est sous contrôle, un ouvrage génial alternant suspens et verve sarcastique. Tout est sous contrôle ou l’histoire d’un ancien militaire dont la vie pourrie, solitaire, paumée n’est rien en comparaison de l’enfer qui l’attend.

 

 

Pour une présentation complète de Tout est sous contrôle, cliquez ici.

04/02/2009

Gargantua

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Gargantua, Rabelais, son auteur, le présente comme un os. Pas celui de l’expression « tomber sur un os »  puisque l’ouvrage est largement abordable. En réalité, il fait plutôt référence à « ronger un os ». Pourquoi ronger, parce qu’un os c’est particulièrement solide mais que la dessous se cache la moelle et si la pratique se perd, renseignez-vous, c’est un met très apprécié.

Et bien avec Gargantua, c’est un peu la même chose. En le rongeant bien, on finit par percer cette épaisseur de paillardise et de crasse dont on aurait pu croire que l’auteur faisait la défense pour dénicher un texte solidement engagé (contre l’enseignement au par cœur entre autre, mais aussi contre la violence, la conquête, la guerre, pour l'humanisme…). Un texte qui date de 1534 qui peut toujours faire mourir de rire et sous ce couvert enseigner en douce.

Pour l’histoire, Gargantua est un géant, issu d’une longue lignée de rois, il est le fils de Grandgousier et Gargamelle. A travers, ce livre, ce sont toutes ses aventures depuis sa naissance que nous suivons. Vous apprendrez qu’il vola les cloches de Notre Dame, inonda Paris en vidant vessie ou que son cheval chassant les mouches avec sa queue, les tua et déboisa en même temps toute une région.

Rabelais commence son livre en disant : « Rire est le propre de l’homme » ; il sait s’y tenir. Son œuvre est en constante oscillation entre le penser et le rire, le rire et le penser.

A lire absolument !

 

Pour la présentation complète cliquez ici.

 

Bonne lecture !

Ecrivain 89- Quentin

 

29/01/2009

Docteur Faust

Faustus

Christopher Marlowe a réussi à faire de sa vie le parangon vivant de cette mauvaise réputation attribuée aux hommes de théâtre. Pourtant, si cet athée, amateur d’alcool et de garçons, ce libre-penseur a tout pour déplaire, ces pièces non moins dérangeantes ont su faire de ce contemporain de William Shakespeare, un homme de théâtre respecté et apprécié.

Sa pièce la plus célèbre, c’est l’histoire folle d’un savant qui vend son âme au diable en échange de 24 années de vie durant lesquelles il bénéficiera  de tout le pouvoir du plus grand serviteur de Satan, Méphistophélès. L’histoire de la chute d’un homme floué, aveuglé par son ambition, sa recherche de pouvoir, d’amusement, l’histoire d’un homme trompé par plus fort que lui, l’histoire du Docteur Faust.

Présentation de l'oeuvre, cliquez ici.

 

Bonne lecture

Ecrivain89-Quentin

24/01/2009

Le Prince de Nicolas Machiavel

prince

 

Pas besoin d'un long discour pour faire découvrir Machiavel. C'est toute une ambiance souvent haute en couleurs, glaciale et horrifiante. Voici un morceau choisi de l'auteur florentin, celui qui révait l'unification de l'Italie, avant de vous offrir la critique sur Scène de Crime : Culture.

 

 

Chapitre 5

Comment on doit gouverner les États ou principautés qui, avant la conquête, vivaient sous leurs propres lois

 

Quand les États conquis sont, comme je l’ai dit, accoutumés à vivre libres sous leurs propres lois, le conquérant peut s’y prendre de trois manières pour s’y maintenir : la première est de les détruire ; la seconde, d’aller y résider en personne ; la troisième, de leur laisser leurs lois, se bornant à exiger un tribut, et à y établir un gouvernement peu nombreux qui les contiendra dans l’obéissance et la fidélité : ce qu’un tel gouvernement fera sans doute ; car, tenant toute son existence du conquérant, il sait qu’il ne peut la conserver sans son appui et sans sa protection ; d’ailleurs, un État accoutumé à la liberté est plus aisément gouverné par ses propres citoyens que par d’autres.

Les Spartiates et les Romains peuvent ici nous servir d’exemple.

Les Spartiates se maintinrent dans Athènes et dans Thèbes, en n’y confiant le pouvoir qu’à un petit nombre de personnes ; néanmoins ils les perdirent par la suite. Les Romains, pour rester maîtres de Capoue, de Carthage et de Numance, les détruisirent et ne les perdirent point. Ils voulurent en user dans la Grèce, comme les Spartiates, ils lui rendirent la liberté, et lui laissèrent ses propres lois mais cela ne leur réussit point. Il fallut, pour conserver cette contrée, qu’ils y détruisissent un grand nombre de cités ; ce qui était le seul moyen sûr de posséder. Et, au fait, quiconque ayant conquis un État accoutumé à vivre libre, ne le détruit point, doit s’attendre à en être détruit. Dans un tel État, la rébellion est sans cesse excitée par le nom de la liberté et par le souvenir des anciennes institutions, que ne peuvent jamais effacer de sa mémoire ni la longueur du temps ni les bienfaits d’un nouveau maître. Quelque précaution que l’on prenne, quelque chose que l’on fasse, si l’on ne dissout point l’État, si l’on n’en disperse les habitants, on les verra, à la première occasion, rappeler, invoquer leur liberté, leurs institutions perdues, et s’efforcer de les ressaisir. C’est ainsi qu’après plus de cent années d’esclavage Pise brisa le joug des Florentins.

Mais il en est bien autrement pour les pays accoutumés à vivre sous un prince. Si la race de ce prince est une fois éteinte, les habitants, déjà façonnés à l’obéissance, ne pouvant s’accorder dans le choix d’un nouveau maître, et ne sachant point vivre libres, sont peu empressés de prendre les armes ; en sorte que le conquérant peut sans difficulté ou les gagner ou s’assurer d’eux. Dans les républiques, au contraire, il existe un principe de vie bien plus actif, une haine bien plus profonde, un désir de vengeance bien plus ardent, qui ne laisse ni ne peut laisser un moment en repos le souvenir de l’antique liberté : il ne reste alors au conquérant d’autre parti que de détruire ces États ou de venir les habiter.

La Présentation complète du Prince de Nicolas Machiavel

Bonne lecture

21/01/2009

La Ferme des animaux

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Ne vous laissez pas avoir par un titre un peu simple et rappelez-vous que ce livre est signé du même auteur que 1984, George Orwell. Au programme, une descente aux enfers dans l’Histoire de l’humanité où pour une fois, les rôles principaux seront distribués aux animaux. Certainement pas pour les enfants, contrairement à Walt Disney, plus ironique, désabusé et sombre que Lafontaine bienvenue dans la Ferme des Animaux où le bétail, lassé d’être battu, mal nourri et contraint de travailler de plus en plus dur par le fermier a décidé de se rebeller. Reste à savoir si leur rêve d’indépendance peut survivre à toute les épreuves qu’ils vont rencontrer. Le danger ne vient pas seulement de l’extérieur…

En savoir plus? Cliquez ici.

17/12/2008

Entre tes bras...

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L’amour est mort entre tes bras

Te souviens-tu de sa rencontre

Il est mort tu la referas

Il s’en revient à ta rencontre

 

Encore un printemps de passé

Je songe à ce qu’il eut de tendre

Adieu saison qui finissez

Vous nous reviendrez aussi tendre

 

Guillaume Apollinaire, Vitam impendere amari

12/12/2008

Syngué Sabour

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Syngué sabour : n.f. (du perse syngue 'pierre', et sabour 'patience'). Pierre de patience. Dans la mythologie perse, il s'agit d'une pierre magique que l'on pose devant soi pour déverser sur elle ses malheurs, ses souffrances, ses douleurs, ses misères... On lui confie tout ce que l'on n'ose pas révéler aux autres... Et la pierre écoute, absorbe comme une éponge tous les mots, tous les secrets jusqu'à ce qu'un beau jour elle éclate... Et ce jour-là, on est délivré.

 

Syngué Sabour, l’histoire d’une femme, d’une vie en Afghanistan ou ailleurs, un conte pour un monde meilleur dans une ambiance feutrée de témoignages et de tableaux.

Un superbe ouvrage ou comment faire un Goncourt avec quelques mots, comment créer un chef-d’œuvre immortel.

 

Présentation Complète du livre, cliquez ici.

11/12/2008

Des contes

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«Le conte est difficile à croire ; Mais tant que dans le monde on aura des enfants, Des mères et des mères-grands, On en gardera la mémoire.»

Charles Perrault

09/12/2008

Le Montespan

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Vous connaissez Madame de Montespan ? C’était la maitresse du Roi Soleil, Louis XIV, le Très Chrétien Roi de France. Très Chrétien et bigame ? Que voulez-vous, quand on est roi, on peut tout faire.

Ce n’est peut-être pas le cas ou l’avis du petit marquis de Montespan. Il a beau s’afficher avec d’immenses cornes de cerfs sur son carrosse, il ne peut pas grand-chose pour récupérer sa femme. Ce n’est pas non plus en faisant tous les bordels de Paris qu’il pourra refiler une vénérienne à son concurrent, c’est le ministre de Dieu sur Terre.

Le défier en duel ? Le provoquer à l’épée ? Enterrer un cercueil vide, faire dire une messe et porter le deuil de son amour perdu ?

Tristesse, désespoir, envie de vengeance, malheur…

Il faut dire qu’il l’avait cherché le Montespan. Voyons, au XVIIe siècle, on ne se marie pas par amour au sein de la Cour. Ce serait du jamais vu !

                                  

Jean Teulé laisse tomber la brillante maitresse du roi, La Montespan, comme on dit, pour faire revivre son cocu de mari. L’histoire triste, amusante et touchante  d’un homme amoureux.

Méditez…

 

Jean Teulé, Le Montespan, la présentation complète se trouve ici.

02/12/2008

La Bête Humaine

bete humaine

 

 

 

La terreur des cours de récré. Emile Zola, La bête humaine.

Tout mais pas lui disent-ils. Ignorants! Ils ne savent pas ce qui se cache là-dessous. Des heures de lecture peut-être, mais des heures enthousiastes, passionnantes. C’est l’aventure terrible d’hommes et de femmes tels que vous et moi qui vivent et qui luttent contre leurs instincts de meurtres, leur envie d’éliminer tout soucis de manière radicale ou tout simplement de se faire plaisir, de s’octroyer du pouvoir. La vie, la mort, la justice, et toujours ces trains qui passent…

L’homme est-il une bête ou la bête un homme ?  C’est à Zola qu’il faut le demander.

 

Pour la présentation complète de l’ouvrage, passez par ici.

28/11/2008

Je pense, tu penses, elle pense,...

crane

«Nous sommes peu à penser trop, trop à penser peu.»

Françoise Sagan

14:21 Écrit par ecrivain89 dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : citation, penser, si jose ecrire, francoise sagan |  Facebook |

26/11/2008

Il est coupable... Vous aussi!

magritte

Un jeune à sa table de travail.

Ce matin, il s’est levé tôt. Il attendait une surprise qui n’en était pas vraiment une, une récompense, à peine une goute d’eau qu’il n’avait pas la veille.

Ce matin, il a allumé son ordinateur. Deux clics, une page internet s’affiche. Si j’ose écrire.

Il regarde les compteurs des visites. 50 010. Une petite déception de ne pas être celui qui a fait apparaître le chiffre rond et en même temps, un soulagement et un bonheur agréable se diffusent lentement dans ses veines.

C’est un peu comme si son bébé avait grandi et qu’il le voyait le jour de ses vingt ans.

Il est content et en même temps, il rit de sa joie. C’est ridicule. Ce site, il a failli le supprimer, l’éradiquer, l’arrêter si souvent. Du temps, du travail à profusion.

Il a failli abandonner si souvent. Il avait démarré sans illusion, comptant tenir deux mois, espérant à peine quelques centaines de visiteurs.

Aujourd’hui, il voit, plus que décuplés ses petits objectifs. Une idée lui saute à la tête. Il doit dire merci. Merci à tous ceux qui l’ont suivi plus ou moins longtemps, à ceux qui le suivent et à ceux qui le suivront à l’avenir.

Il dit à l’avenir. Il ne compte plus s’arrêter. Pourquoi ? Est-il plus sûr de lui, plus fier ou plus fort ou plus endurant, ou plus inspiré ?

Il n’a pas beaucoup changé. L’âge en plus. Une meilleure assise sur sa plume, peut-être.

Mais ce n’est pas ça qui le pousse, qui le travaille sans arrêt.

Il aime ce qu’il fait et il croit que ça peut servir, fut-ce à une seule personne.

Il sait que c’est un crime. Il sait qu’il commet le crime de penser et de croire qu’on peut penser. Il sent que ce sont des trésors à sauver, l’autonomie, l’esprit critique, la liberté ; et il se dit que seuls les arts peuvent les préserver. Il a choisi les Lettres, comme d’autres la Musique ou la Peinture.

Il sait qu’il a peu d’influence. Il sait qu’il n’est pas un chef de bande, pas un Al Capone du crime de Penser. Il ose seulement espérer qu’il s’est trouvé quelques complices cachés, terrorisés par ce monde lisse, il ose croire qu’il en a perverti certains, un seul lui suffirait même. Ce serait déjà ça.

Vous avez pénétré sur une scène de crime, un brin de culture. Emportez-en les briques, emportez en les tuiles, protéger les dans le coffre fort de votre esprit avant de les partager, en sauvette, sans vous faire prendre, sans vous faire emprisonner.

Vous êtes sur une scène de crime. Il est coupable de l'avoir créé… Vous êtes coupables d'y venir ! Soyez prudent...

 

Bonne lecture,

Ecrivain89 - Quentin

23/11/2008

La Traversée du Mozambique par temps calme

mozambique

Surprise à chaque instant, c'est la première chose à dire de ce livre.

Pastiche du roman d'aventures et de voyages, vous allez plonger dans l'histoire folle d'un vieil archéologue et de ses complices en quête au XXIè siècle de la cité légendaire de Païtiti, au coeur de la jungle Péruvienne.

Drole, surprenant, intriguant, ce livre est une petite perle dans la rentrée littéraire 2008. Gagnant du prix Mac Orlan, j'espère que vous lui ferez bon accueil.

Pour la présentation complète, passez par ici!

Patrice Pluyette, La Traversée du Mozambique par Temps calme, éd Seuil.

Bonne lecture.

20/11/2008

Un soir pour lire...

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«Un soir consacré à la lecture des grands livres est pour l'esprit ce qu'un séjour en montagne est pour l'âme.»

André Maurois