26/11/2008

Il est coupable... Vous aussi!

magritte

Un jeune à sa table de travail.

Ce matin, il s’est levé tôt. Il attendait une surprise qui n’en était pas vraiment une, une récompense, à peine une goute d’eau qu’il n’avait pas la veille.

Ce matin, il a allumé son ordinateur. Deux clics, une page internet s’affiche. Si j’ose écrire.

Il regarde les compteurs des visites. 50 010. Une petite déception de ne pas être celui qui a fait apparaître le chiffre rond et en même temps, un soulagement et un bonheur agréable se diffusent lentement dans ses veines.

C’est un peu comme si son bébé avait grandi et qu’il le voyait le jour de ses vingt ans.

Il est content et en même temps, il rit de sa joie. C’est ridicule. Ce site, il a failli le supprimer, l’éradiquer, l’arrêter si souvent. Du temps, du travail à profusion.

Il a failli abandonner si souvent. Il avait démarré sans illusion, comptant tenir deux mois, espérant à peine quelques centaines de visiteurs.

Aujourd’hui, il voit, plus que décuplés ses petits objectifs. Une idée lui saute à la tête. Il doit dire merci. Merci à tous ceux qui l’ont suivi plus ou moins longtemps, à ceux qui le suivent et à ceux qui le suivront à l’avenir.

Il dit à l’avenir. Il ne compte plus s’arrêter. Pourquoi ? Est-il plus sûr de lui, plus fier ou plus fort ou plus endurant, ou plus inspiré ?

Il n’a pas beaucoup changé. L’âge en plus. Une meilleure assise sur sa plume, peut-être.

Mais ce n’est pas ça qui le pousse, qui le travaille sans arrêt.

Il aime ce qu’il fait et il croit que ça peut servir, fut-ce à une seule personne.

Il sait que c’est un crime. Il sait qu’il commet le crime de penser et de croire qu’on peut penser. Il sent que ce sont des trésors à sauver, l’autonomie, l’esprit critique, la liberté ; et il se dit que seuls les arts peuvent les préserver. Il a choisi les Lettres, comme d’autres la Musique ou la Peinture.

Il sait qu’il a peu d’influence. Il sait qu’il n’est pas un chef de bande, pas un Al Capone du crime de Penser. Il ose seulement espérer qu’il s’est trouvé quelques complices cachés, terrorisés par ce monde lisse, il ose croire qu’il en a perverti certains, un seul lui suffirait même. Ce serait déjà ça.

Vous avez pénétré sur une scène de crime, un brin de culture. Emportez-en les briques, emportez en les tuiles, protéger les dans le coffre fort de votre esprit avant de les partager, en sauvette, sans vous faire prendre, sans vous faire emprisonner.

Vous êtes sur une scène de crime. Il est coupable de l'avoir créé… Vous êtes coupables d'y venir ! Soyez prudent...

 

Bonne lecture,

Ecrivain89 - Quentin

Commentaires

Je plaide coupable, coupable de ne pas avoir écrit de com sur ton site alors que je le fréquente depuis qqes temps. Désormais, j'entre dans la clandestinité, pour ne pas me faire prendre, et je garde ce site comme un blog de référence au même titre que certains livres de ma bibliothèque. Chapeau pour ton entreprise ... difficile.

Écrit par : alain | 09/12/2008

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